Le blues du chômage

J’ai un moment hésité à écrire cet article. Peur de me livrer aussi vite, peur des jugements. Et pourtant, me voilà face à mon écran à remplir cette page blanche. Un besoin de mettre des mots sur ce qui pèse.

Un peu plus de 2 ans, que je n’ai pas travaillée et 1 an et demi de chômage. Ça semble une éternité, un moment de vie qui passe doucement et trop vite à la fois. Depuis 2 ans, je ne me suis jamais plainte, j’ai juste tout gardé pour moi. Je suis passée par une grosse phase de culpabilité à me dire que si j’étais dans cette situation c’était ma faute. D’une certaine manière, ce n’était pas tout à fait faux, licencié pour inaptitude après avoir craqué physiquement et au final psychiquement de mon poste d’hôtesse de caisse.

La détresse de mon corps qui m’a dit STOP et c’est au bout du rouleau que j’ai consulté mon médecin. Burn out m’a-t-il dit, c’est là qu’il m’a mis pour la première fois en arrêt maladie. Cet arrêt allait être le premier d’une longue série, me sentant bien incapable d’y retourner, incapable d’affronter mes collègues, mes chefs ou les clients. Au bout de 3 mois, mon médecin a finit par suggérer une inaptitude au médecin du travail. Rendez-vous été pris, la boule au ventre qu’elle ne croit pas à mon mal être, qu’elle me dise de retourner travailler. Je voulais partir mais j’ai attendu que mon corps me crie d’arrêter, est-ce pour ça que j’ai culpabilisé ? Que j’ai eu l’impression de profiter du système, d’abuser d’une situation? Je n’ai pourtant jamais inventé les crises de larmes en rentrant du travail, cette angoisse en y allant qui me crier de rentrer chez moi et les cris sur l’Homme par qu’il était là et j’avais pas la possibilité d’évacuer au boulot.

Le rendez-vous avec la médecin du travail un 1er avril 2012. J’en avais gardé un mauvais souvenir lors de la visite médicale obligatoire. Je me suis retrouvée face à une femme gentille et compréhensible. Je lui ai tout expliqué avec une boule au ventre et la voix tremblante. Elle a été d’accord et a rédigé son mot pour mon travail. Je crois que je l’ai vu 2 fois, je ne me souviens plus bien.
Légalement mes employeurs auraient du me convoquer à un entretien de reclassement dans le mois qui suit la date de mon inaptitude. Ils ont du le faire courant mars ou avril, c’est tellement lointain que je ne me souviens pas bien. Mais je me souviens de mon angoisse d’y aller, de mon angoisse à croiser des collègues, du point rapide avec la médecin du travail avant d’y aller me disant qu’ils venaient de lui donner les propositions de reclassement. Aucune n’allait, soit parce que pas les diplôme nécessaire, soit parce que pas en adéquation avec les recommandations du médecin soit trop loin. Je me suis entendue dire que hôtesse de caisse était un métier, un peu comme un reproche. C’est pas parce que c’est un métier qu’il faut laisser de coté le stress qu’il engendre. Aucun reclassement n’a été trouvé. J’ai finalement été licencier pour inaptitude le 12 mai 2012.

La culpabilité m’a habité à ce moment là, les cauchemars ne partant pas, me renvoyant à mon poste d’hôtesse de caisse. pendant cette période, je me suis inscrite à Pôle Emploi, j’ai déménagé ne voulant pas rester dans cette ville que j’assimilais à de la souffrance, voulant changer d’air, j’ai été radiée de Pôle Emploi en faisant le changement d’adresse et réinscrite finalement. Depuis, il m’a fallut 8 à10 mois pour arrêter de culpabiliser et me rassure sur le fait que ça aurait fini comme ça. Mon épaule droite me rappelle la souffrance du travail en caisse quand elle le veut bien. J’ai participer à 3 ou 4 ateliers Pôle Emploi, eut 2 ou 3 entretiens pour un nombre de candidatures bien plus important, 3 rendez-vous avec une psychologue du travail qui m’a d’abord rabaissé plus bas que terre avant de me dire que ça servait à rien que j’envoie des CV puisque je n’avais pas d’identité professionnelle et eut un espoir.

L’espoir, celui de faire ce que je voulais. Une formation en secrétariat juridique en alternance commençant en novembre de cette année. L’espoir qui marchait à la condition de trouver un cabinet d’avocat qui veuille bien nous engager. Une nouvelle recherche d’emploi mais un peu plus motivante. 1 mois pour trouver, c’était court, trop court. 2 entretiens, un très court qui s’était vraiment très mal passé et un autre plus long qui semblait s’être bien passé et qui fut un échec au final. La date de début de formation est arrivée, pas de cabinet donc pas de formation. La déception, celle d’y avoir touché du bout du doigt sans y être parvenue. Regarde tout ce qu’on a fait jusque là, avoir l’impression d’être nulle, qu’on ne trouvera rien.
Sentiment de moral dans les chaussettes, regarder les journées passer trop vite à chercher comment les occuper. Le temps maussade n’aide pas et pourtant, j’ai toujours mon idée dans la tête.

L’idée, celle de devenir Photographe de Mariage et Portrait. L’idée de se lancer en auto-entrepreneur qui est dans un coin de la tête depuis un peu plus de 2 ans maintenant. L’idée est belle, motivante mais en même temps, il y a cette peur qui freine tout. Peur de l’échec, peur de l’aspect financier et peur de l’inconnue. J’ai envie de le faire de me dire je tente de travailler de ma passion pour la photo mais en même temps au fond de moi, j’ai peur, je peux le dire 1 fois, 10 fois voire d’avantage encore. Et à cause d’elle, je reste là à regarder le temps passer, à me dire, « je vais me lancer » quand j’aurai d’avantage de réponse à mes questions. Dans cette attente, il y a les moments où l’on va bien et ceux de déprime, où on a l’impression de servir à rien et où l’on aimerait envoyer loin cette peur, lever la tête et se dire « Je peux le faire ». Pour ça, il faudrait que je relève la tête, que je me fasse un peu confiance et que j’OSE.

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